Vendredi 29 juin 2007

La guerre du coca provoque des dégâts environnementaux en Colombie

mardi 19 juin 2007 par Sylvie CARDONA

Des études scientifiques ont démontré que les herbicides à base de glyphosate, utilisés pour éliminer les plantations de coca en Colombie sont responsables de dommages causant l’altération des chromosomes de la population locale.

En effet, l’herbicide est largué à partir d’avions qui survolent les champs de coca et s’étend ensuite à d’autres zones. Des études ont mis en évidence la contamination des habitants et animaux qui vivent dans un rayon de 3 km autour des plantations de coca régulièrement arrosées de glyphosate (principal composant du Round Up). Cette campagne anti-drogue est financée en grande partie par le gouvernement américain.


Les habitants qui ont subi des tests ont par ailleurs avoué souffrir de divers maux qui font leur apparition après le passage des avions : maux de tête, désordres intestinaux, troubles de la vision, vomissements, difficultés respiratoires... Les dommages causés à l’ADN des populations sont susceptibles de favoriser l’apparition de cancers, et de causer des mutations génétiques. Le niveau de concentration de Round-Up relevé autour des champs de coca est de 20 fois supérieur au taux maximum recommandé par les autorités médicales.


Le gouvernement Colombien assure que toutes les précautions sont prises lors de la pulvérisation de l’herbicide, ce que contestent les ONG locales et les chercheurs de l’Université Catholique d’Equateur. Leurs craintes ont été par ailleurs été confirmées par le rapport du Français Gilles-Eric Seralin qui démontre la haute toxicité du Round Up.


Deux autres rapports émanant de l’université Mersin en Turquie et de l’université de Pittsburg aux Etats-Unis font état des effets dévastateurs de cette méthode sur les amphibiens et poissons de la région dont le taux de mortalité est extrêmement élevé.


Ce programme a coûté un peu plus d’un milliard de dollars américains pour les trois dernières années, et une superficie de 171.613 hectares a été traitée au glyphosate en 2006... La firme américaine Monsanto, les gouvernements américains et colombiens ont évidemment mis en doute ces allégations, réclamant des preuves formelles de la toxicité du Round Up sur la vie sauvage et la population locale. Un délai supplémentaire pour permettre à ce programme de lutte anti-drogue d’être mené à son terme, sans tenir compte des dégâts irréversibles causés à la nature et aux hommes.


Source : Tierramerica, Université Catholique d’Equateur


Sylvie Cardona, Co-Fondatrice d’AVES FRANCE
sylvie.cardona@aves.asso.fr

Par Sandra - Publié dans : Environnement
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Mercredi 27 juin 2007

Communiqué de l’association SURVIVAL INTERNATIONAL :


mardi 19 juin 2007 par Sylvie CARDONA

Les Enawene Nawe, un groupe isolé d’Indiens amazoniens de l’Etat du Mato Grosso ont, hier matin, érigé une barricade sur une route principale en signe de protestation contre le projet d’une série de barrages qui détruira leurs zones de pêche.

Des compagnies régentées par la famille Maggi, le plus gros producteur de soja au monde, encouragent la construction d’une importante série de barrages sur le cours du fleuve Juruena qui traverse le territoire des Indiens. L’Europe achète la moitié du soja exporté du Mato Grosso.


Les Enawene Nawe, qui ne consomment pas de viande rouge, craignent que les poissons qui constituent la base de leur alimentation, ne puissent plus atteindre leur zones de reproduction. Plusieurs Indiens ont quitté leur village pour la première fois afin de rejoindre la manifestation.

 

Les Enawene Nawe, qui ne sont que 450, protestent également contre la destruction d’une partie de leur territoire par des éleveurs de bétail qui abattent la forêt et polluent les rivières aux pesticides.

 

Les Indiens ont déclaré : « Les barrages nous apporteront la mort parce qu’ils soulèveront l’incontrôlable colère des esprits ».

 

Les éleveurs locaux ont décidé de faire appel à la justice pour démanteler la barricade des Enawene Nawe sur la route MT-170.

 

Stephen Corry, directeur de Survival a déclaré aujourd’hui : « Ce petit groupe unique sait que sa survie même est menacée par la déforestation et ce projet de barrages. Le gouvernement brésilien doit prendre leur situation en considération et protéger leur terre avant qu’il ne soit trop tard ».


Sylvie CARDONA, Co-Fondatrice, d’AVES FRANCE
sylvie.cardona@aves.asso.fr

Merci à AVES FRANCE

Par Sandra - Publié dans : Environnement
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Mercredi 27 juin 2007


Biographie de Fernando :


Fernando Caro est un indien yaqui né en 1949 à Brawley, en Californie, dans une famille de fermiers. De santé fragile, Fernando passe toute son enfance et son adolescence près des cultures traitées avec des pesticides. Enfant, il est chargé de diriger les avions au-dessus des champs à pulvériser, et cela sans aucune protection. Fernando connaît une période difficile du fait de la pauvreté extrême de sa famille et des conditions de travail proche de l'esclavage :  un père alcoolique et violent, une mère qui le bat "pour le rendre plus fort", une éducation scolaire rigide (il reçoit des coups à chaque fois qu'il s'exprime en espagnol, sa langue maternelle), le décès de sa grand-mère alors qu'il n'a que 6 ans.

Enfant silencieux, solitaire et courageux, il doit s'acquitter des tâches ménagères avant d'aller à l'école.



Quelques années plus tard, il obtient malgré tout une bourse lui permettant de poursuivre ses études d'ingénieur à l'Université Publique de San Diego. Racisme au sein de l'université, échec sentimental, tout cela entraîne Fernando dans une dépression sévère, s'accompagnant, entre autres, de tendances suicidaires, syncopes, insomnies etc. ce qui l'oblige à interrompre ses études et  le pousse à rejoindre le corps des US Marines.
Marié et père de trois enfants, Fernando retrouve par la suite un emploi dans une usine produisant des pesticides.

Le 25 août 1980, alors qu'il travaille dans cette même usine, il est arrêté pour le meurtre de deux personnes de race blanche.

Non autorisé à témoigner, il ne sera pas entendu par la Cour. Pourtant Fernando a toujours clamé son innocence. Malgré cela, le Jury demande la peine capitale en 1982 et il se retrouve alors dans le couloir de la mort.

Il décide de faire appel du fait des irrégularités commises lors de son procès*. Mais le 19 août 1996, l'appel est rejeté. Ce n'est qu'en 2000, que la Cour Suprême décide d'annuler la sentence de mort. Et cela, grâce à une mobilisation internationale. La Cour Suprême considère alors que les pesticides respirés pendant des années par Fernando (sans jamais avoir eu de protection ni avoir été informé du danger) ont, de toute évidence, eu des répercussions sur sa santé mentale et qu'il ne peut comparaître correctement, ni se défendre pendant le procès. Mais, le Procureur ne veut rien entendre et maintient sa décision :  la condamnation à mort.

Fernando a passé plus de 25 ans dans le couloir de la mort à attendre dans la plus grande angoisse qu'on vienne le chercher un jour pour l'exécuter. Cela est inacceptable et c'est pourquoi des pétitions circulent un peu partout dans le monde.

Je corresponds avec Fernando depuis des années. C'est un homme sensible, plein de sagesse, un être qui n'aspire qu'à la paix, un artiste extraordinaire...

* le détail des irrégularités du procès feront l'objet d'un autre article


Les sources de cet article proviennent du Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA), de Kola et Human rights


Fernando et l'Art : 

Voici un extrait d'un article provenant de la revue Nitassinan n°39 (1995) intitulé "Un artiste dans le couloir de la mort" : (publié avec l'aimable autorisation du Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques)

"Initié à la peinture grâce à un programme organisé dans la prison, Fernando a décidé de se consacrer à cet art. Ses magnifiques fresques contribuent à créer un meilleur environnement dans le parloir de la prison de San Quentin et ses peintures ont été présentées pour la première fois en 1992 dans le cadre de l'exposition "L'art enchaîné" au centre culturel du quartier de Mission à San Francisco. Ses tableaux ont été exposés dans des galeries d'art en Europe, notamment à Genève, Oslo et Rome.

Lorsque Fernando est arrivé dans le "couloir de la mort", il n'avait aucune idée de ce qui l'attendait. Il avait beaucoup de temps mais, rien à faire. Il se mit donc à dessiner avec un stylo à bille qu'on lui avait fourni. Il commença à dessiner des animaux, puis des portraits. Il découvrit que le dessin occupait son esprit, l'aidait à se détendre et lui apportait une évasion temporaire hors de l'atmosphère répressive qui l'entourait. Puis il apprit à peindre. Son art devint une sorte d'ami et de soutien. Ironie du sort, Fernando n'aurait probablement jamais découvert son talent s'il ne s'était pas retrouvé dans le quartier des condamnés à mort. Et c'est un stylo à bille qui a tracé sa voie.

L'esprit humain peut-être extrêmement puissant et c'est pour cela que l'on essaie de le briser en prison. Lorsque l'esprit cède, le corps fléchit à son tour et la personne devient facile à contrôler.
Fernando a renforcé son esprit grâce à son art. Il se fonde sur la représentation mystique du daim selon la tradition yaqui. Cela lui procure une raison d'être, croyance, puissance et contact avec ses origines. Le fait qu'il n'ait pas renié ses origines ethniques est très important. s'il l'avait fait, son âme se serait progressivement divisée et son esprit rempli de confusion.
Fernando ne peut saisir de la terre à pleines mains, ni contempler le lever ou le coucher du soleil, ou l'éclat d'une étoile filante dans la nuit mais il lui est possible d'exprimer cette mémoire et ces sentiments dans ses tableaux."

Un grand merci à Catherine du CSIA

Fernando a également un grand talent pour l'écriture. Il écrit des poèmes et histoires.

Par Sandra - Publié dans : Prisonniers Amérindiens
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Dimanche 24 juin 2007

Bonjour,



Ce blog sera dédié à l'actualité des Amérindiens, plus particulèrement aux Indiens prisonniers. J'évoquerai, entre autres, le cas de Fernando Eros Caro, Indien Yaqui enfermé depuis 25 ans dans le couloir de la mort.

 

Une pétition sera d'ailleurs bientôt en ligne.

 

Merci de votre visite.

 

Sandra

Par Sandra
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  • : Amérindiens Libres
  • : 24/06/2007
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