Mes écrivains et poètes préférés

Publié le par Sandra

A part John Trudell que j'adore, il y a aussi Joseph Marshall III :

Ecrivain et historien, Joseph Marshall appartient à la tribu des Sicangu Lakotas ou Sioux Brûlés. Il est l'auteur d'une formidable biographie de Crazy Horse, "Une vie de héros" (son tout dernier ouvrage)  mais aussi "Une flèche dans le soleil", "Le Cercle de la Vie", "L'hiver du fer sacré"...

Résumé de :

Le Cercle de la Vie. Histoires et sagesses du peuple sioux

Les thèmes évoqués dans ce livre sont l'humilité, la persévérance, le respect, l'honneur, l'amour, le sacrifice, la vérité, la compassion, la bravoure, la force de l'âme, la générosité, la sagesse.

Joseph Marshall III a décidé de perpétuer la tradition Sioux. Transmettre les histoires de son peuple, certainement à ses lecteurs non indiens mais aussi aux jeunes générations Sioux qui n'ont pas eu la chance d'avoir des grands-parents susceptibles de leur transmettre ce précieux savoir.
La mythologie de ce peuple est très riche. L'auteur alterne un conte avec une anecdote ou une expérience personnelle. Lui a eu la chance d'être élevé par ses grands-parents qui lui ont appris la vie à travers ces légendes. C'est l'occasion d'évoquer les problèmes des Sioux aujourd'hui, et surtout d'établir les bases de cette culture. Les qualités les plus recherchées, l'honnêteté, la bravoure, la solidarité... ne sont plus très prisées dans les réserves, mais l'auteur sait et démontre que ce sont ces principes de vie qui ont permis à la culture sioux de survivre malgré toutes les tentatives du gouvernement américain pour étouffer l'identité indienne.
Outre un précieux document sur la mythologie amériendienne, ce livre est avant tout une très belle leçon d'optimisme. L'identité Sioux est toujours très forte la culture des Grandes Plaines n'est pas près de s'éteindre...

Par Folfaerie
www.zazieweb.fr

Site officiel de Joseph Marshall : http://www.thunderdreamers.com/

Et puis il y a Sherman Alexie, jeune auteur Spokane. Il a écrit plusieurs romans : Phoenix Arizona; Dix petits indiens; La vie aux trousses et celui que je préfère, Indian Killer :

Indian Killer

Le chef d'oeuvre de la littérature amérindienne contemporaine, on le doit à ce jeune auteur Spokane qui, contrairement à ses aînés, a choisi de tremper sa plume dans le vitriol et de nous montrer le visage hideux de cette Amérique blanche qui continue de vomir la race des Peaux-rouges. (James Welch, dans "l'avocat indien" tentait déjà d'aborder le problème de la discrimination raciale sans atteindre la terrible lucidité d'Alexie).

Un serial killer rôde dans la ville de Seattle. Il scalpe et mutile ses victimes, puis dépose auprès des corps deux plumes de hibou. La police et la presse sont persuadés qu'il s'agit d'un Indien.
Serait-ce John Smith (l'ironie d'un tel nom !), cet ouvrier de 27 ans, fils adoptif d'un couple de blancs, bourgeois aisés plein de bonnes intentions mais qui ne peuvent aider leur fils à sortir du gouffre où il s'enfonce. John enfin, qui ne sait pas qui il est et dont les voix qui chuchotent dans sa tête ne lui laissent aucun répit,
ou bien la belle activiste Spokane du campus, Marie Polatkin, qui ne supporte pas l'arrogance des blancs et de son prof de littérature amérindienne en particulier, Clarence Mather, homme condescendant qui aimerait devenir Indien,
ou encore son cousin, Reggie, un type intelligent et agressif, marqué par son enfance sordide, qui voudrait en découdre avec tout le monde, blancs et indiens mêlés.

Sherman Alexie nous offre une plongée glauque dans cette cité rongée par la haine et la discrimination raciale, où les clochards indiens sont passés à tabac à coups de battes de base-ball, où un animateur de radio mégalo, symbole de la toute puissance des médias, attise les foyers de haine en appuyant sur la dimension "primitive" des Indiens et en refusant le poids de cette faute collective, à savoir la mort et l'acculturation des Indiens, où certains hommes blancs rêvent d'avoir la peau rouge (pour mieux exorciser leurs remords ?) tandis que les peaux-rouges ne pensent qu'à se fondre dans le monde des blancs...

Le problème de l'identité raciale et religieuse est posé à travers le personnage de John Smith, ce pauvre diable élevé par des catholiques blancs mais qui comprend enfin qu'il ne sera jamais accepté comme tel, également incapable de trouver sa place au sein de la communauté indienne, et dont la douloureuse quête de vérité le conduit aux portes de la folie.

Un roman noir plus qu'un thriller. Car c'est bien plus que ça, c'est un portrait effrayant de l'Amérique blanche, c'est un cri du coeur poussé pour tous les Peaux-rouges des USA, qui ne peuvent pas, et ne pourront jamais, réussir leur intégration au sein de cette civilisation abreuvée de mensonges et de préjugés. Une oeuvre lyrique et passionnée, très forte, qui prend aux tripes, et qui donne à réfléchir, d'autant plus que pas une fois Alexie ne tombe dans le cliché facile du "gentil" Indien et du "méchant" blanc.

Site officiel de Sherman Alexie : http://www.fallsapart.com/index.html

Encore un autre écrivain :

Scott Momaday est un poète, romancier, professeur de littérature et peintre Kiowa. Il est l'auteur de romans : La maison de l'aube, Le chemin de la montagne de pluie, Les noms, L'enfant des temps oubliés, L'homme fait de mots, mais aussi de recueils de poèmes, de pièces et de contes comme celui-ci :  "Circle of Wonder : A Native American Christmas Story", illustré par lui-même. Il a aussi participé au documentaire intitulé "Remembered Earth : New Mexico's High Desert (en 2006). Et puis Scott Momaday a été nommé Artiste de l'UNESCO pour la paix en 2004 pour avoir, entre autres, créé une fondation "The Buffalo Trust" dont le but est d'encourager la transmission des valeurs et traditions des Amérindiens.

Adresse de la fondation : http://www.buffalotrust.org/


Et puis: Barney Bush (rien à voir avec le Président, ni son chien !), poète et professeur Shawnee, bien trop rare en France malheureusement. On ne peut d'ailleurs trouver ses oeuvres facilement... C'est bien dommage car ses poèmes son magnifiques. Tout comme John Trudell, ses poèmes ont été mis en musique (mais chanté par Tony Hymas). Je crois même que les deux artistes se sont rencontrés il y a quelques années de cela lors du Festival Sons d'Hiver.

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