Lettre ouverte à Messieurs Badinter et Berling, pour Fernando Caro

Publié le par Sandra

"Fernando Eros Caro, condamné à mort aux Etats-Unis. Lettre ouverte à Messieurs Badinter et Berling" :

vendredi 6 février 2009

Messieurs Badinter et Berling,


Nous venons de voir ce film magnifique, l’Abolition :


http://www.europe1.fr/Decouverte/Talents-et-personnalite/Medias/Charles-Berling-dans-la-peau-de-Robert-Badinter/(gid)/197978


Vos cris dans ces tribunaux français, qu’ils soient ceux de l’avocat ou de l’acteur résonnent dans nos coeurs.


« Dites-le, » hurlez-vous aux témoins ou à l’accusé.


« Dites-le que vous n’avez pas tué ! » (à Bontems, condamné à mort en 72) « Dites-le que vous l’aimez, votre frère ! » (à la soeur de Patrick Henry)


Je suis fière qu’un tel homme, vous, Monsieur Badinter, qu’un tel acteur, vous, Monsieur Berling, et qu’un tel film existent au monde.


Merci d’avoir été là. Merci d’être là.


Messieurs Badinter et Berling, regardez ce tableau qui se trouve en logo de cette lettre, et que nous comptons diffuser le plus largement possible.


L’homme qui a peint ce tableau s’appelle Fernando Eros Caro. Il est amérindien et condamné à mort.


Comment ne pas voir dans cette image la force de la vie et l’ombre de la peine capitale ?


Outre d’être vivant, et d’être un homme, il est innocent et malade. Il n’a jamais pu se défendre correctement


Fernando est un indien Yaki, né en 1949 à Brawley, en Californie, dans une famille de fermiers. Il est arrêté pour le meurtre de deux personnes de race blanche en 1980.


Non autorisé à témoigner, il ne sera pas entendu par la Cour.


Il décide de faire appel du fait des irrégularités commises lors de son procès. Mais le 19 août 1996, l’appel est rejeté. Ce n’est qu’en 2000 que la Cour Suprême décide d’annuler la sentence de mort. Et cela, grâce à une mobilisation internationale. La Cour Suprême considère alors que les pesticides respirés pendant des années par Fernando (sans jamais avoir eu de protection ni avoir été informé du danger) ont, de toute évidence, eu des répercussions sur sa santé mentale et qu’il ne peut comparaître correctement, ni se défendre pendant le procès. Mais le Procureur ne veut rien entendre et maintient sa décision : la condamnation à mort.


Récemment, nous apprenons que le témoin qui l’accusait s’est rétracté dans son testament avant de mourir .

Mais Fernando est toujours en prison !


En France, Monsieur Badinter, vous avez gagné le combat contre la peine de mort. Monsieur Berling, vous l’avez réincarné.


Aujourd’hui, nous voudrions entendre ce cri pour Fernando.


Monsieur Badinter. Monsieur Berling, nous savons qu’il existe des milliers d’autres causes à défendre, mais celle-ci est l’incarnation même de l’erreur judiciaire, l’incarnation même de tout ce que l’Amérique charrie d’injustice.


Dites-le Monsieur Badinter ! Dites-le Monsieur Berling ! Dites-le qu’il faut libérer Fernando !


Merci


Barbara Moreau, pour yonne.lautre http://yonne.lautre.net/


L'article : http://yonne.lautre.net/article.php3?id_article=3153


Un énorme merci à Barbara pour cet article, son soutien et son implication.

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