Ecrits de prison

Publié le par Amérindiens Libres

Quelques extraits d'Ecrits de prison :

"Depuis le jour de mon arrestation par la Police montée royale canadienne, ma vie s'est muée en une succession confuse de geôles et de prisons, ponctuée de visites occasionnelles à des salles de tribunal... Menottes, fers aux pieds et fouilles corporelles - "Ecarte-moi ça, coco" - sont devenus ma routine quotidienne. Ils ne se contentent pas de vous prendre votre liberté - ce qui suffirait amplement -, non, ils vous rabaissent et vous humilient, semble-t-il, partout et chaque fois que c'est possible. Ils créent infiniment plus de crimes, d'injustices et d'inhumanité qu'ils n'en empêchent. Toutes les prisons, sans exception, sont de lieux de châtiments cruels et inhabituels. Chacune d'elles devrait être déclarée anticonstitutionnelle."

"Comme la plupart des Indiens, j'ai plusieurs noms. Selon les traditions indiennes, on vous donne des noms tout au long de votre vie, et pas seulement à la naissance... Chaque nom donne un nouveau sens à votre identité et à vos possibilités. Et chaque nom vous offre aussi un but à atteindre. Il vous indique la direction que vous êtres censé prendre dans votre existence. L'un de mes noms est Tate Wikuwa, ce qui signifie en langue lakota : "Vent-qui-chasse-le-soleil."... Un autre de mes noms, qui m'a été donné par mes frères canadiens, est Gwarth-ee-lass, ce qui veut dire : "Celui-qui-mène-le-peuple."
Ces deux noms m'inspirent. Le premier représente à mes yeux la liberté absolue - quelque chose que même ceux qui ne sont pas enfermés entre les quatre murs d'une prison n'atteindront jamais.  Lorsque je pense à ce nom -Vent-qui-chasse-le-soleil-, je me sens libre dans mon coeur, capable de traverser des murs en pierre et des barreaux en acier pour chevaucher le vent dans la lumière du soleil jusqu'au Monde du Ciel. Aucun mur, aucun barreau, aucun rouleau de fil de fer barbelé ne peut m'en empêcher.Quant à mon deuxième nom, il symbolise pour moi un engagement total, un but vers lequel je tends, même entre ces quatre murs, celui d'aider mon peuple de mon mieux."

"Être un Indien est ma plus grande fierté. Je remercie Wakan Tanka, le Grand Mystère, de m'avoir fait indien. J'aime mon peuple. Si on doit m'accuser de quelque chose, c'est de ça : d'être un Indien. Pour ce crime - et seulement ce crime -, je plaide coupable."

Ecrits de prison,
Leonard Peltier

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