En 1903, le gouvernement américain expulsa les Cupeños de leur terre natale en Californie du Sud. Ils furent
obligés de quitter leur village et de s’adapter à un autre climat, un autre lieu : partager une réserve avec les Indiens Luiseño. Les Cupeños appelèrent cela leur « Piste des
Larmes »…
Rappelons-nous :
Cet épisode fut le plus tragique de l’Histoire des Cherokee. Entre 1831 et 1838, le gouvernement américain ordonna à
plusieurs peuples Amérindiens de quitter leurs terres (à l’Ouest du Mississippi). Ces terres étaient destinées aux colons blancs, selon l’application de l’Indian Removal Act.
C’est en mai 1838 que le Général Winfield Scott arriva à New Echota avec 7000 hommes. Commença alors l’invasion de
l’Armée américaine sur les terres Cherokee.
Entre juin et décembre 1838, plus de 15 000 Cherokee ont été forcés à quitter leurs maisons du sud des
Appalaches. Hommes, femmes et enfants durent parcourir plus d’une centaine de miles sur le territoire indien avec peu de nourriture. Certains d’entre eux firent le trajet en bateau dans
d’horribles conditions. L’hiver fut particulièrement brutal lorsqu’ils arrivèrent à Oklahoma. Entre 4 000 et 8 000 Cherokee périrent à cause de cette terrible « Piste des
Larmes », qui se traduit d’ailleurs par "Nunna daul Isunyi" en Cherokee (La piste où ils ont pleuré).
Pour commémorer ce tragique évènement le Congrès américain a designé le "Trail Of Tears National Historic
Trail",en 1987. L'itinéraire quis'étend sur six Étatsfait 3 540 km.
L'entrée du Cherokee Removal Memorial Park qui se trouve près de Blythe's Ferry est l'un des points de départ de la
piste.
Je vous propose de lire le texte et d’écouter la chanson de Tori Amos, chanteuse d’origine Cherokee dont l’arrière
grand-mère, Margaret Little, connut cet épisode dramatique :
Home on the range
Oh give me a home where the buffalo roam
where the deer and the antelope play
where seldom is heard a discouraging word
and the skies are not cloudy all day
Home, home on the range
Where the deer and the antelope play
Where seldom is heard a discouraging word
And the skies are not cloudy all day
Well jackson made deals, a thief down to his heels
Hello long trail of tears
The smokies could hide a cherokee bride
Her brave was shot yesterday
Home, home on the range
Where the deer and the antelope play
Where seldom is heard a discouraging word
And the skies are not cloudy all day
We know it's not Caroline
Your home is your home
The range may be fine for some
But not in my eyes
Home, home on the range
The smokies always hide a
Cherokee bride but in her eyes
We know it's not Caroline
America!
Oh, who discovered your ass
The white man came, "this land is my land,
This is your land," they sang.
Home, home on the range
Where the deer and the antelope play
Where seldom is heard a discouraging word
And the skies are not cloudy all day
And the skies are not cloudy all day
And the skies are not cloudy all day
Après « Danse avec les loups » qui nous avait été proposé sur l’une de nos
chaînes françaises, c’est au tour de France 2 de diffuser ce soir « Le Nouveau Monde » (The New World), film de Terrence Malick qui raconte l’histoire de
Pocahontas.
Je n’ai jamais vu ce film mais je ne me souviens pas d’avoir lu de mauvaises critiques
venant des amérindiens (contrairement à la version animée de Walt Disney !). Mais Terrence Malick étant un excellent réalisateur et un homme intelligent, je suppose que sa vision doit être
juste, enfin j’espère. Je rappelle tout de même qu’il s’agit d’une adaptation poétique de la « légende ».
Dans ce film, de nombreux et excellents acteurs sont présents (John Savage, Ben Chaplin,
Colin Farrell, Christian Bale, Christopher Plummer, David Thewlis) et fort heureusement beaucoup d’acteurs amérindiens : Wes Studi, August Schellenberg, Michael Greyeyes, Alex Rice, Kalani
Queypo, Gary Sundown, Rulan Tangen, Myrton Running Wolf et bien sûr Q'orianka Kilcher qui interprète le rôle de Pocahontas…
Je profite donc du film pour revoir l’histoire de Pocahontas, mais du point de vue des
Amérindiens, bien entendu. Je me suis basée sur l’explication de la Nation Powhatan Renape (http://www.powhatan.org/pocc.html). Voici les propos du Chef Roy Crazy
Horse :
La légende de
Pocahontas
Lorsque Disney décida en 1995 de réaliser un
dessin animé sur l’histoire de Pocahontas, la Nation Powhatan s’offusqua. La Nation proposa même à Roy Disney de l’assister sur les points historiques et culturels afin que l’histoire soit exacte
mais il refusa et déclara que son film était respectueux et précis…
La Nation Powhatan n’est pas de cet
avis.
« Pocahontas » était un surnom qui signifiait « la vilaine »,
« l’enfant gâtée ». Son véritable nom était Matoaka. La légende dit qu’elle sauva John Smith en empêchant son père de le tuer (en 1607). Elle devait être alors âgée de 10/11 ans à ce
moment-là.
La vérité est que les colons (les compagnons de Smith) décrivaient Smith comme quelqu’un
d’ambitieux, qui s’autoproclamait « soldat mercenaire ».
Pourquoi l’histoire de Pocahontas eut tant de
succès auprès des « Euro-américains » ? Tout simplement parce que Pocahontas représentait le « bon indien », l’indienne qui sauva la vie d’une homme blanc. Les Anglais
eux-mêmes sont d’accord pour affirmer que l’Histoire a été falsifiée au nom du divertissement.
La vérité est que lorsque John Smith raconta
l’histoire de son sauvetage, il le fit seulement 17 années plus tard !
Dans un rapport datant d’un peu après cet
hiver passé aux côtés de la Nation Powhatan, à aucun moment Smith ne mentionna cet incident. En fait, ce qu’il mentionna plutôt était qu’il avait été bien traité par la Nation Powhatan et
qu’il avait été reçu comme un invité de marque.
Beaucoup de spécialistes pensent que
« l’incident Pocahontas » n’aurait pas été apprécié surtout lorsque l’on sait que cet incident fut l’une des raisons pour déclarer la guerre aux
Powhatans.
La véritable fin de l’histoire de Pocahontas est
bien plus triste que celle de Disney dans son dessin animé…
En 1612 alors âgée de 17 ans, Pocahontas fut faite
prisonnière par les anglais d’une façon déloyale alors qu’elle était en visite sociale. Elle resta prisonnière pendant plus d’un an, à Jamestown.
Pendant sa captivité, John Rolfe, un jeune veuf de
28 ans (à qui l’on doit la commercialisation du tabac), trouva un intérêt certain à épouser la jeune prisonnière. N’ayant pas d’autres choix que d’accepter d’épouser Rolfe en échange de sa
« liberté », Pocahontas devint alors «Rebecca Rolf» en avril 1614. Le couple eut un fils, Thomas. Les descendants de Pocahontas et John Rolfe sont connus sous le nom de
« Red Rolfes ».
Deux ans plus tard, en 1616, Rolfe l’emmena en
Angleterre. Là, la Virginia Company de London (Virginia Company était une compagnie à but lucratif fondée en 1606 par le roi d’Angleterre Jacques 1er pour coloniser la
côte de l’Amérique du Nord. Elle comprenait la Virginia Company of London et la Virginia Company of Plymouth) se servit de Pocahontas pour faire de la publicité aux Colons. Enivrée et nourrie on
l’emmena dans tous les théâtres. On dit aussi qu’elle eut l’occasion de rencontrer John Smith qui était à Londres à cette période et qu’elle le traita de menteur et souhaita ne plus avoir à faire
à lui.
La famille Rolfe quitta Virginia en mars 1617 et « Rebecca » décéda le
21 mars à l’âge de 21 ans. Elle fut enterrée à Gravesend mais la tombe fut ensuite détruite à cause de la reconstruction de l’église. Ce n’est qu’après sa mort, lorsque son histoire fut connue
dans tout Londres que Smith trouva l’histoire du sauvetage très commode.
Quant à la suite de l’Histoire : Le Chef Powhatan mourut le printemps suivant, en
1618 et le peuple de Smith et Rolfe se retourna contre ceux qui avaient pourtant partagé leurs biens et offert leur amitié ; Les Powhatans furent décimés, dispersés et leurs terres leur
furent saisies.
Source : Chief Roy Crazy Horse, de la Nation
Powhatan
Je voudrais juste rajouter une chose concernant Disney. Si je ne me trompe pas, la firme
Disney a sorti son dessin animé quelques années après le succès de Danse Avec les loups… Je ne pense donc pas que c’est pour faire plaisir aux Amérindiens que Disney a réalisé son film, ni
pour leur rendre hommage !
En ce qui concerne les faits, je suis du même avis que le Chef Roy Crazy Horse : si
John Smith n’a rien dit sur le fameux « incident » au moment où il était sur le territoire des Powhatan c’est parce qu’il n’a pas eu lieu. Il était bien pratique pour lui de raconter
n’importe quoi une fois la pauvre fille morte et désormais célèbre. C’était probablement une façon de faire parler de lui, d’enjoliver la réalité. Parce que la réalité est que Pocahontas n’était
pas une héroïne mais une victime, non pas une « bonne et gentille indienne » comme les Anglais et Américains voudraient laisser croire, mais une pauvre jeune fille soumise aux bons
vouloirs des blancs. A aucun moment, ils ne lui ont demandé sont avis ni se sont préoccupés de ce qu’elle pouvait ressentir.
Alors, dans ces cas-là, non on ne peut pas s’amuser à raconter n’importe quoi sous
prétexte qu’il s’agit d’un dessin animé. Ce qui me rassure dans la version de Terrence Malick c’est que de nombreux acteurs amérindiens sont au générique. Encore que Wes Studi trouve que le point
de vue des Amérindiens dans le film n’est pas vraiment pris en compte.
Une info récente à retenir : (merci à David, www.lereveamerindien.com) :
Barack Obama a reçu une plume sacrée de la Nation Crow; il a ainsi eu l'honneur d'être adopté par cette Nation et a obtenu son nom Crow : "Black Eagle".
Tous les présidents n'ont pas eu cette chance...
Je vous invite à vous rendre sur le blog de David Rousseau pour voir les photos de cet événement (blog du Groupe Maka Oyate) :
On vient de l’apprendre par le Native Times il y a quelques jours, Floyd Red Crow
Westerman est décédé ce 13 décembre à l’âge de 72 ans, des suites d’une longue maladie.
Né en 1935, Floyd Red Crow Westerman était un activiste, musicien, chanteur, acteur, de la nation Sisseton-Wahpeton Dakota. Il avait débuté en tant que
chanteur de country et a joué dans plus de 50 télefilms et films : Danse avec les loups, Hidalgo, Renegades, the Brave, Dreamkeeper…
Membre de l’American Indian Movement et porte-parole de l’International Indian Treaty Council, Floy Red Crow Westerman a fait beaucoup pour son peuple et
plaçait tout son espoir en la Jeunesse.
En tant que musicien, il a travaillé avec Buffy Sainte Marie, Sting, Willie Nelson, Kris Kristopherson, Jackson Browne.
Ses albums :
Custer Died for Your Sins
The Land is Your Mother
A Tribute to Johnny Cash, pour lequel il avait obtenu un NAMMY award
Un petit film d’animation racontant l’histoire de Squanto avait été réalisé par John McCally et diffusé en 1993 à la télévision (Arte je crois).
Détails :
Film raconté par l’acteur Amérindien Graham Greene
Dessins de Michael A. Donato
Texte écrit par Eric Metaxas
Musique de Paul McCandless
Squanto est l’histoire de cet Indien Patuxet (Wampanoag) capturé avec les siens sur leur propre terre, puis emmené sur le bateau du capitaine Weymouth pour
être vendu comme esclave en Espagne (à Malaga).
Après une pénible et longue traversée enfermé dans les cales du navire, Squanto se retrouve chez les moines pour travailler sur leurs champs. Il y resta deux
ans, puis ces derniers l’envoyèrent en Angleterre chez l’armateur John Slaney, dans l’espoir qu’il l’emmène en Amérique retrouver son peuple. Il travailla chez Slaney comme garçon d’écurie et
apprit l’anglais. Le jour tant attendu arriva enfin : Slaney organisa un voyage en Amérique et y emmena Squanto.
Mais lorsqu’il arrive dans son village natal, ses voisins lui apprennent que les siens ont tous été emportés par une épidémie. Squanto ne reste que quelques
mois chez ses voisins les Nemasket, puis s’en va dans les bois vivre seul, jusqu’au jour où son voisin Samoset lui rend visite pour le prévenir que des hommes blancs se sont installés au village.
Ils décident de partir sur les lieux pour vérifier et se trouvent alors face aux anglais. Parmi eux figuraient deux pèlerins, Bradford et Holden, venus se réfugier sur ces terres lointaines pour
fuir Jacques 1er. Squanto et les anglais sympathisèrent et Squanto accepta de rester auprès d’eux. Il leur apprit à chasser, pêcher, cultiver selon les méthodes de son peuple. Fruits
et légumes poussèrent en grand nombre. Reconnaissants, les pèlerins décidèrent d’organiser un festin pour remercier Dieu et Squanto. Ils invitèrent même Massasoit, le Chef de la tribu voisine
ennemie et firent la paix. Ce festin dura trois jours et trois nuits et fut baptisé « Thanksgiving ».
Squanto mourut en 1622, deux après le 1er thanksgiving.
Dan George est né le 24 juillet 1899 à Vancouver et mort le 23 septembre 1981. Chef de la tribu des Capilanos (indiens du Canada), il a exercé divers métiers (docker, bûcheron) avant de devenir
acteur en 1959.
Ses films les plus connus sont :
Smith! (en 1969); Little Big Man (en 1970 - avec Dustin Hoffman. Son rôle lui a valu un prix au Oscars); Dan Candy's
Law et Alien Thunder (en 1973); Harry & Tonto puis Bears & I (en 1974); Shadow of the Hawk et The Outlaw Josey Wales (en 1976 - La Vengeance de Josey Wales); Centennial (en 1978 -
une mini-série); Americathon (en 1979)
Il a écrit quelques livres : My Heart Soar; My Spirit Soar; You call me Chief : Impressions of the life of Chief Dan George. On lui doit des speechs et citations magnifiques (http://www.indigenouspeople.net/dangeorg.htm) et il est l'auteur d'une lettre ouverte, que l'on peut lire sur le site de l'Unesco. La lettre
s'intitule : "Je suis né il y a mille ans..." (elle date de 1975) : http://www.unesco.org/courier/2001_12/fr/droits4.htm
Superbe !
***
"If you talk to animals they will talk with you and you will know each other. If you do not talk to them you will not
know them and what you do not know you will fear. What one fears one destroys."
Cette idée de créer des réserves s’est forgée dès la première Conquête. Les réserves devaient au départ permettre de protéger les Indiens de la persécution
des Blancs. Ce qui, bien entendu,est devenu par la suite, une occasion de se débarrasser des peuples indiens en les parquant sur des terres incultes
et pauvres. Les Indiens devaient attendre que les Blancs les ravitaillent sans broncher (nourriture avariée la plupart du temps). Ce fut le début de la corruption, du chantage, pillage…
On sait ou tout cela a mené : le massacre de Wounded Knee.
Lorsque l’explorateur français Jacques Cartier effectua en 1534 un séjour dans un village situé au bord du Saint-Laurent, il amena avec lui la variole et
contamina ainsi les Iroquois. Les remèdes indiens ne semblèrent pas avoir d’effet sur cette maladie infectieuse. Par contre, les infusions de cèdre blanc prescrites par les Indiens réussirent à
guérir les marins atteints du scorbut.
Rappelons que lorsque les espagnols s’établirent dans le sud-est, cinq ans plus tard, ils s’installèrent pendant trois ans chez les Indiens de Floride, et
les contaminèrent, une fois de plus… Les Indiens tombèrent malades car ils n’étaient pas tous immunisés. La variole fut donc une énorme catastrophe et la population dut quitter ses terres.
Mais, parmi les nombreuses épidémies, il y eut aussi la rougeole et le choléra, terrible fléau…
:
Blog dédié aux Amérindiens : leur actualité, leur culture, leurs droits, les événements à noter, les pétitions à signer pour dénoncer les abus dont ils sont victimes, le point sur la situation des prisonniers etc.